Étiquettes

, , , , , , , , , , , , ,

Content de vous retrouver pour vous faire part de mon point de vue sur deux infos qui se sont téléscopées ces derniers jours et ont fait couler beaucoup d’encre…
Car cette semaine le mouvement pour le bien-être animal a franchi une nouvelle étape en Suisse.
Dans le cadre d’une révision de la loi sur la protection des animaux, le conseil fédéral a déclaré que « la maltraitance des gros crustacés décapodes commune dans les restaurants (sic), ne sera plus autorisée ».

On nous dit également que le Homard en question, est considéré comme un produit de consommation et que «l’on oublie qu’il s’agit d’abord d’un animal sauvage, avec toutes les exigences en termes de protection que cela suppose».

Eh bien je ne suis pas tout à fait d’accord… Pour la plupart (je précise), les chefs ont un profond respect envers les produits qu’ils travaillent. Et le homard est un magnifique produit. On n’oublie pas du tout qu’il s’agit d’un animal sauvage qui peut vivre une quinzaine d’années! Il arrive d’ailleurs dans nos cuisines au prix d’un dur travail de pêche.

Chaque cuisinier qui se respecte sait que le homard est un produit noble, onéreux qui mérite le plus grand respect et le plus grand soin de la mer à l’assiette.

Mais concrètement, que va changer cette nouvelle ordonnance fédérale dans nos cuisines?

En fait, il sera interdit de tuer un homard en le plongeant dans l’eau bouillante. Il faudra plutôt l’électrocuter ou détruire son cerveau de façon mécanique. L’électrocution comme le fait de lui planter un couteau dans la tête ou de le partager en deux à vif serait donc préférable selon le législateur et certains scientifiques.

image Larousse Cuisine

Soit… mais je dois vous avouer ici que j’ai dû mettre à mort plusieurs centaines de homards ces vingt dernières années. Et pourtant je n’ai jamais été particulièrement à l’aise avec ça.

Il n’est pas anodin de prendre la vie d’un animal, cela implique donc de tout faire pour le mettre en valeur dans nos plats. Et ma foi la façon la plus « civilisée »(si on peut dire) de mettre à mort cet animal m’a toujours paru de le plonger deux minutes dans une grande quantité d’eau bouillante en prenant garde que l’ébullition reste constante.
Au Pont de Brent, par exemple, nous n’avons jamais découpé un homard vivant, croyant jusqu’à aujourd’hui qu’il était préférable de le tuer au préalable.

Mais le problème est certainement plus général… la mort devenant taboue on ne veut plus savoir comment arrivent les animaux dans nos assiettes.
À l’ère des réseaux sociaux influents et des lobbies antispécistes, il s’agit là d’une décision populiste sans réflexion de fond…

Bref, une interdiction pure et simple serait contraire à de nombreux accords internationaux, on a donc trouvé un compromis tout helvétique!
Nous pourrons donc acheter du homard ébouillanté de l’autre côté de la frontière, mais pas le faire en Suisse!

Pendant ce temps, dans l’union Européenne… on n’électrocute pas !

Toujours cette semaine, l’Union Européenne s’est penchée sur la pratique de la pêche électrique. Cette dernière est interdite depuis 1998 en Europe (et dans le Monde), mais les Pays-Bas ont obtenu une dérogation il y a dix ans. Depuis, ils tentent de faire passer le chalut électrique pour une technique de pêche respectueuse et durable.

Mais les chefs Relais&Châteaux du monde entier, aux côtés de l’association Bloom, se sont engagés au travers d’un manifeste pour dénoncer les ravages de cette pratique qui détruit toute vie marine sans distinction; créant de véritables cimetières marins puisque 60% des poissons pêchés sont rejetés morts à la mer…
Après une décennie de saccage, l’heure du bilan était arrivée pour le parlement Européen…
Et pour une fois la raison l’a emporté sur la logique économique. La proposition visant à généraliser la pêche électrique a été rejetée!

Contrairement à la Suisse, on électrocute pas dans l’Union européenne!

 

 

 

Publicités