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Dans le Canton de Fribourg, la fête de la « Bénichon »  évoque tout de suite le souvenir de formidables gueuletons. Des repas gargantuesques partagés en famille, où se succèdent toutes sortes d’apprêts autour du cochon et du mouton, précédés d’une soupe aux choux, escortés de légumes du jardin et suivis d’une ribambelle de pâtisseries.

Je vous en parlais déjà lors de mon article sur les Bricelets Fribourgeois, c’est toute la famille qui met la main à la pâte plusieurs jours durant, afin de préparer bricelets, cuquettes, beignets, meringues etc…
J’ai le souvenir de repas  chez mes grands-parents, qui se terminaient en fin d’après-midi. Ensuite les hommes se lançaient dans d’interminables parties de cartes. En début de soirée, ma grand-mère ressortait le restant de jambon froid du midi, un morceau de pain et du Gruyère.

Vous n’allez tout de même pas rentrer sans avoir mangé!!

Cependant nous aurions tord de réduire la Bénichon à un simple repas de fête.  Si il s’agit avant tout de se rassembler autour de la table, c’est aussi l’occasion de retrouver ses origines. Et de mieux comprendre le terroir et de l’art de vivre à la fribourgeoise!!

Je m’explique:
Vers le 15ème siècle, la Bénichon (Bénission) célébrait le jour de la bénédiction de l’église paroissiale. La fête débutait le dimanche et se poursuivait jusqu’au mardi!
Au programme, office religieux suivi d’un repas pantagruélique, avant de danser et de batifoler avec les damoiselles du village trois jours durant.

Si bien qu’à force de fêter les nombreuses églises du canton et leurs Saints Patrons, il ne resta guère de dimanche sans bénichon!
En 1747, face à ce constat et aux nombreux débordements, les autorités décidèrent de mettre un peu d’ordre.

Chaque village serait libre de fêter son église, mais les grandes fêtes devraient être concentrées à une date fixe, soit le deuxième dimanche de septembre pour la plaine et le deuxième dimanche d’octobre pour la montagne, avec quelques exceptions….

( Notamment la Bénichon de Chatel-St-Denis qui a lieu ce week-end!)

Le choix de ces dates correspondait également à la fin des travaux agricoles, les greniers étaient pleins et les troupeaux rentrés. Les cuisinières avaient à disposition les légumes du jardin, les fruits, le mouton et le cochon de l’alpage. De plus l’armailli retrouvait ses proches après  avoir passé l’été au chalet.

LE MENU TRADITIONNEL DE LA BENICHON

Cuchaule
Moutarde de Bénichon
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Bouillon
Petits croûtons
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Boeuf bouilli
Raves, carottes et céleri
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Ragoût d’agneau
Purée de pommes de terre
Poires à botzi
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Jambon fumé de la Borne,
saucisson, langue, choux
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Gigot d’agneau
Haricots,
Salade aux carottes rouges
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Meringues avec double-crème
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Fruits de saison
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Cafés et digestifs,
Cuquettes, beignets, bricelets, croquets et pains d’anis…

Bien sûr avec le temps, la composition du menu à évoluée selon les régions.
Par ailleurs on ne prend plus toujours le temps nécessaire à la préparation d’un tel repas.

Et vu l’abondance de nourriture disponible tout au long de l’année, les estomacs capables d’un tel héroïsme se font plus rares…

Je reviendrai de temps en temps avec une recette issue de ce formidable menu.

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